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Mohamed Bajrafil – La rhétorique de l’occupant

Pour cette semaine ANTICOLONIAL , je dédie cet article écrit par Mohamed Bajrafil et publié par MasiwaMane n°14 du 25 août 2007 à l’Equipe Wongo plus particulièrement à BARAKA INZOUDDINE qui dénonce courageusement le génocide dont sont victimes les comoriens de Mayotte.
Vous aurez remarqué que le blog Wongo a été crée le 1er août 2007, 25 jours avant la publication de cet article. (Anzizat.A)

 

NB : Les initiatives du Président Sambi ont amené l’ONU à inscrire la question de l’île comorienne de Mayotte à son ordre du jour. (wongo)

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La rhétorique de l’occupant

 

Habitués aux « alhamdou lillah » en toute circonstance, les Comoriens restent indifférents aux tristes fins de leurs compatriotes, qui, tous les mois, si ce n’est toutes les semaines, perdent la vie dans le bras de mer séparant l’île comorienne de Mayotte de sa soeur, Anjouan. C’est devenu d’autant plus banal que jamais un deuil national n’est décrété, en leur mémoire.
On en parle comme une mort, j’allais dire,  » normale ». Pire, la rhétorique utilisée par les Comoriens, pour désigner les cadavres de leurs frères décédés à l’entrée de Mayotte, est la même que celle qu’utilise l’impérialiste. D’où mon incompréhension, notamment en lisant des articles dont, pour le moins qu’on puisse dire, la sémantique est comorophobe et pro-impérialiste. Acceptons-nous que nos frères soient « des immigrés clandestins à Mayotte » ; que Mayotte est « une collectivité française »? Et c’est aux webmasters et autres responsables de magazines et journaux comoriens que je pose la question :

Avez-vous entendu, une fois, un journaliste français mentionner, ne serait-ce que, le fait qu’un litige existe entre la France et les Comores, au sujet de Mayotte ? Jamais. L’omerta sur le problème mahorais est telle qu’on a l’impression que médias et politiques français sont de mèche pour cacher à l’opinion française, européenne, voire mondiale, l’illégalité dans laquelle la France, mère des droits de l’homme et chantre du respect du droit international, baigne allègrement depuis plus de trente ans, en occupant Mayotte.

Chers amis webmasters, vous êtes trop intelligents pour ignorer que toute source d’information est régie par une ligne éditoriale, qui, en quelque sorte, lui sert de guide et de doctrine. La vôtre est d’informer sur les Comores la diaspora et toute personne s’intéressant au pays. C’est, au reste, une noble cause. Seulement, permettez-moi de vous dire que la publication sur votre site d’articles présentant Mayotte comme une collectivité française et les Comoriens des autres îles qui cherchent à s’y rendre comme des clandestins est d’autant plus incompréhensible qu’elle dessert l’intérêt de notre archipel. Ce qui est aux antipodes de votre mission de base, susmentionnée. Et ce, que vous en soyez les auteurs, ou non.

 

N’oubliez pas que  » parler, c’est agir « . En l’occurrence, reprendre cette sémantique impérialiste, c’est, d’une façon ou d’une autre, servir la cause de l’oppresseur.
Je ne doute pas de votre patriotisme. Pas plus que je ne mets pas en cause votre professionnalisme. Je veux juste vous rappeler, fraternellement, que la publication, par vous, de ce genre d’écrit assène un violent coup à un archipel, dont l’intégrité territoriale est, toutes proportions gardées, tout aussi bafouée que celle de la Palestine.
Le patriotisme et le courage du pouvoir comorien se mesurent, depuis plus de dix ans, à l’aune du désintérêt qu’il accorde au problème de Mayotte, une partie de son territoire dans laquelle l’exercice de son autorité est interdit. Moins il parle de Mayotte, mieux il est noté par l’Etranger. C’est pourquoi, la question de l’occupation de Mayotte n’est plus débattue à l’assemblée annuelle des nations unies, depuis 1995. Que dire d’AHA et de son équipe qui disaient au début de leur règne qu’ils ne reculeraient, pour rien au monde, sur cette question ? Leur détermination a été telle que Mayotte a participé, cette année, pour la première fois de l’histoire, aux JO de la COI, comme partie indépendante, sous la pression de cet Etranger, ami-ennemi.

Vous voyez chers amis journalistes et autres responsables de sites internet, il ne reste à l’opinion publique comorienne que vos plumes et vos micros. C’est à vous que revient la tâche apostolique d’enseigner le patriotisme à votre peuple. Et elle est d’autant plus difficile que le comorien jure davantage au nom de son village qu’au nom de son pays. Ne voyez-vous pas que les plus intelligents parmi les diplômés et intellectuels comoriens sont ceux qui ne disent jamais rien sur cette question publiquement, pour ne pas se mettre les RGS sur le dos ? Et ils ont peut-être raison ! Qui sait, on en est, peut-être, encore aux temps où impunément les barbouses et autres malfrats des renseignements des grandes puissances zigouillaient les Moumier et autres Lumumba, comme des souris ! Pour autant, je ne pense pas que l’on doive baisser les bras. Jamais le sort d’un peuple ne s’est amélioré sans que, poussé et conscientisé par un groupe d’éclairés, il ait pris son destin en main. Vous le savez, au moins, autant que moi.

Vous devez donc aider au réveil de notre peuple. Apprenez-lui que les Comoriens qui meurent par dizaines à l’entrée de Mayotte depuis 95 sont les martyrs de la nation, à la mémoire desquels, si ce n’est la couardise de nos dirigeants, un mémorial devrait être érigé. On cite souvent Masimu et Mtsala, comme les résistants à l’invasion coloniale des Comores. Les Abdelkader Hamisi, sauvagement abattus par les mercenaires d’Abdallah, et autres Gaya, morts pour la liberté de notre pays, ne doivent pas restés aux oubliettes. Les historiens et vous journalistes ou responsables de sites comoriens devez conscientiser le peuple sur la nécessité d’avoir des modèles patriotiques. Et pour cela, il faut que ces hommes morts pour la patrie soient élevés au rang de martyrs de la nation.
Appelons-les les héros de la nation, pour ne pas qu’on nous assimile à des groupes terroristes. Même s’ils sont, essentiellement, partis pour échapper à la misère qu’ils vivaient dans la partie indépendante, nos naufragés ont péri pour avoir voulu perpétuer la libre circulation, millénaire, entre les quatre îles de l’archipel. Et à ce titre, ils méritent toute la considération du peuple comorien.

De grâce, si on ne les juge pas dignes de nos hitimas, ne leur jetons pas l’opprobre. On leur doit au moins ça. Non à l’utilisation à leur sujet des termes clandestins et immigrés. Ils sont morts chez eux. Reconnaissons-leur au moins cela.
Mohamed Bajrafil
Source : MasiwaMane n°14/25 août 2007

 



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