Archives pour août 2012

Mohamed Bajrafil – Qu’arrivera t il a ceux qui n’ont jamais entendu parler de l’Islam ?

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Avorter ou garder un enfant handicapé ?

 

Le 23 août 2012 à 09:39

 

Q U E S T I O N   D ’ U N   V I S I T E U R   D U   B L O G :
> Commentaire:

Salam, j’ai ma belle sœur enceinte de 8 mois, l’hopital XXXX vient de lui diagnostiquer un handicap lourd pour son fils ( handicap moteur, mental).

Il ne pourra pas marcher, s’asseoir, manger tout seul, parler, sentir les choses…

Le Neurologue lui confirme qu’a l’heure actuelle aucune structure n’est à même de s’occuper de ce type d’handicap.

Elle est perdue elle demande de l’aide des conseils.

Merci de lui faire des Douaa jazakoum alah khayran.


 Jazakoum allah khayran.
 

 

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R E P O N S E   D E   M O H AM E D   B A J R A F I L :

Salam. D’abord, merci de nous avoir considérés à même de vous accompagner dans une aussi dure épreuve.

Voir sa chaire souffrir, la perdre, c’est certainement la pire des épreuves.

Cependant, rien de ce que nous pouvons faire ne change le cours de la vie, tel que tracé. La meilleure façon d’agir, parfois, est de ne rien faire.

Face à la situation que tu traverses, chère sœur, tu dois, à mon humble avis, laisser la grossesse continuer, jusqu’à ce qu’elle s’arrête d’elle-même.

Si en revanche ta santé est un tantinet menacée, il faut interrompre la grossesse.

L’handicapé a droit à la vie, comme tout le monde. Il ne faut pas l’oublier.

Les médecins sont mieux à même de t’informer de tous les risques que tu cours que moi.

Leur avis est à prendre en considération plus que celui de n’importe qui d’autre.

Mais, si c’est seulement une question d’handicap, quelle qu’en soit la gravité. Puisse Dieu vous accompagner dans ces moments difficiles.

 

Fraternellement,

Mohamed Bajrafil

 
 

La propagation du chiisme aux Comores, un mal secondaire

 

La propagation du chiisme aux Comores, un mal secondaire  dans I.j.La propagation du chiisme aux Comores chiite

J’ai appris, dans les colonnes arabes d’Albalad, l’organisation, mercredi 27 juillet 2011, du premier colloque organisé par la faculté Imam alChafi de la jeune Université des Comores (UDC). L’événement est, indiscutablement, à saluer car c’est le premier du genre. Des travaux scientifiques pourront y être produits – qui serviront certainement à davantage définir l’identité religieuse des Comores, tiré aujourd’hui entre un conservatisme chafiite et soufi, tenu et défendu par les maîtres traditionnels, dont la principale référence reste le Minhadj altwalibin de l’imam Nawawi et un autre conservatisme, récemment importé par quelques diplômés des universités saoudiennes, prenant, parfois, pour vérité divine les propos du célèbre savant musulman, Ibn Taymiya, du 8ème siècle après l’hégire, sous couvert de propos du prophète.

Mais la percée, à priori, tonitruante du chiisme aux Comores, ces derniers temps, semble fédérer ces deux courants sunnites, qui, le moins qu’on puisse, sont loin d’être amis. Il est tout à fait naturel que la seule vraie institution académique islamique aux Comores, qu’est la faculté Imam alChafi, s’intéresse d’abord au devenir de ce nouvel invité dans l’islam comorien et à ses répercussions sur la stabilité du pays, avant de chercher à réconcilier ou concilier les positions parfois antinomiques des deux islams comoriens susdits. On comprend donc que le chiisme soit au cœur du premier colloque organisé par la jeune institution. Le ton utilisé est, en revanche, quelque peu agressif, à mon goût. Que dire de son objectif « La propagation du chiisme et son danger pour la sécurité et la paix dans le pays », sinon qu’il s’agit d’une déclaration de guerre ?

Après tout, n’y-a-t-il pas plus grave que cela dans le pays, qui mériterait l’attention de cette faculté ? Et si on parlait, par exemple, de la violence meurtrière qui sévit ces derniers temps dans le pays ? Ne menace-t-elle pas plus la sécurité et la stabilité du pays que l’entrée du chiisme aux Comores ? Et de la violence faite aux enfants, ces êtres angéliques que des hommes sans foi ni loi agressent physiquement et, parfois, sexuellement dans une impunité quasi-totale ? Quoi de plus grave ?

Celui qui s’en prend à un enfant, s’en prend à une nation car c’est au futur adulte, force vive d’une nation, au parent ciment de toute société etc. qu’il fait violence. Il est, à ce titre, doublement criminel et mérite une peine décuplée. Or, ces assassins se promènent souvent librement dans le pays.

Manger à sa faim reste toujours hors de portée pour le Comorien lambda. Chercher à solutionner ce problème ne fait-il pas partie des principales priorités de l’islam, loin devant ces querelles de mosquée dans lesquelles cette faculté semble se lance aujourd’hui ?
Comparé aux causes sus-énumérées, le chiisme aux Comores, comme ailleurs, est un problème périphérique, aussi bien du point de vue simplement humain que du point de vue de la religion. J’en veux pour preuve la première injonction faite à Adam et à Eve, sa femme, alors au paradis, qui n’a été rien d’autre que de protéger son corps contre la faim, la soif, la nudité et l’exposition au soleil. C’est au reste le sens des versets 118 et 119 du chapitre XX du coran (Twaha) dans lequel il est dit :
« وَأَنَّكَ لاَ تَظْمَأُ فِيهَا وَلاَ تَضْحَىٰ . تَعْرَىٰ وَ لا فِيهَا إِنَّ لَكَ أَلاَّ تَجُوعَ ».

On ne peut pas demander à quelqu’un qui n’a pas mangé pendant une semaine autre chose que de se sustenter, pour éviter la mort. Or, c’est la principale maladie du Comorien. Son souci est loin de chercher à savoir qu’est-ce qu’être chiite et qu’est-ce qu’être sunnite ; il veut à manger. Faisons des colloques sur le rôle du travail en islam, l’importance de la création et de la créativité dans cette religion, seuls moyens de lutter contre la malnutrtion, encouragez le peuple au travail. C’est seulement de cette façon que nous arriverons d’abord à éradiquer la faim et la délinquance et finirons par barrer la route aux ambitions expansionnistes et prosélytes du chiisme iranien.

Les religieux, que vous êtes, mesdames et messieurs les cadres et enseignants de la faculté islamique des Comores, doivent éviter les abysses dans lesquelles beaucoup de nos pays frères sont tombés. A trop vouloir mettre en garde contre quelque chose, on finit par y pousser les gens. Aujourd’hui, dans un pays comme l’Egypte, une guerre de tranchées s’est déclarée entre certaines factions salafistes wahabites et l’institution multi centenaire, qu’est l’Azhar, pour des questions secondaires, qui ne font avancer en rien la vie de l’Egyptien ordinaire, qui, comme le Comorien, lutte au quotidien pour sa survie.

Comprenez une bonne fois pour toutes que la vie c’est la religion et la religion, c’est la vie. La dichotomie « دين et دنيا» (dounya et dine) est ment infondée, car c’est dans et à travers la vie que la religion doit être observée pour espérer des lendemains meilleurs, dans l’au-delà. Il n’y a pas de vie monacale en islam. C’est le prophète qui le dit.

Dites au peuple que le meilleur des musulmans sera, aux Comores, comme partout dans le monde au demeurant, celui qui rendra inexistante la faim, éradiquera le chômage et l’analphabétisme par une invention, une idée, une méthode, et que sais-je encore. Pas celui qui ne quitte jamais la mosquée. Combien de versets du coran parlent de cela ? Combien, parmi les hadiths du prophète de l’islam traitent de l’importance du travail ? Dites-le aux gens, puisque vous les connaissez, c’est vous qui nous les avez appris. Dites-leur sur, par exemple, les 6235 versets que compte le coran, à peine 300 parlent de lois et de normes juridiques, soit moins de 4/ du coran ; que seuls 1500 à 2000 hadiths ont une portée juridique sur plus de 600000. C’est, dit Ibn Swalah dans son livre référence intitulé « Le livre des sciences du hadith » (Kitab ouloumi alhadithi) communément appelé Mouqaddimatou ibn s’swalah, le nombre de hadiths que connaissait par cœur, avec leurs chaines de transmissions, le grand imam Alboukhari. Soit également, moins 3/. Et le reste du coran et de la sunna, de quoi traite-t-il ? Ou de quoi parle-t-il le plus ? Des bonnes manières, du mérite etc.
Durant mes 19 ou 20 ans que j’ai passés aux Comores, jamais je n’ai entendu autre chose dans les sermons que l’enfer et ses châtiments multiples et le paradis et ses belles houris. Mais nom d’une chèvre, l’islam ne se réduit pas au halal et au haram (licite et illicite). Encore moins aux rawafidhat (appellation donnée à ceux qui contestent le califat d’Aboubacar, Oumar et Ounthman, que sont aujourd’hui les chiites) et aux nawaswibat (appellation de ceux qui s’en sont pris aux descendants du prophète, en leur refusant le trône, entre autres).

N’est-ce pas vous qui nous avez appris le hadith recueilli par l’imam Ahmad et d’autres qui dit « الساعة على احدكم و في يده فسيلة فليغرسها قامت اذا» (si la fin du monde trouve un de vous avec une plante dans la main, qu’il la plante). Que dire, de ce propos, d’autre que le travail est obligatoire, quand bien même on n’a pas le temps de jouir de ses fruits ?

Par ailleurs, vous savez que c’est plus pour l’appât du gain que par conviction que certains Comoriens passent du sunnisme au chiisme. Ce qui revient à dire que s’attaquer à la propagation du chiisme, c’est se tromper de cible, car le vrai danger, c’est la misère qui y pousse. Combattons-la tous, car c’est elle est la vraie menace de la paix et de la stabilité dans nos petites îles.
Aussi devons-nous arrêter de diaboliser le chiisme. Bien que certains savants, comme mon maître en sciences du hadith, Swafwat Hegazy, aillent jusqu’à les excommunier, les considérant ainsi comme des non- musulmans, des hérétiques, ils restent, eu égard aux principes fondateurs de l’islam, qui sont la foi en un Dieu unique, au prophète, à l’obligation de la prière, à celle de l’impôt légal (zakat) du jeûne et du pèlerinage, en la kaaba comme direction des prieurs et en la sainteté de l’homme, en tant que créature de Dieu, la considération comme interdits de la fornication, de l’adultère, de l’alcool, du crime, du vol, de la fraude et de la corruption, etc. des musulmans à part entière. Enfants, on nous a raconté des sornettes comme « les chiites disent détenir un autre coran que le nôtre », qui serait le vrai, « ils ne font pas la prière aux mêmes horaires que nous ».

Tout cela est infondé. Sauf chez quelques sectes extrémistes. Autrement, les djanfarites, qui constituent plus de 80/ des chiites, sont comme nous sunnites, sur les principes sus-énumérés. Qu’ils invectivent les califes est un pêché majeur, certes, mais il ne fait pas d’eux des non-musulmans, encore moins des dangers pour les musulmans sunnites, que nous sommes. En tout cas, ils ne menacent ni l’identité culturelle, gage de tout développement, ni l’identité religieuse, que votre colloque ambitionne de préserver, autant que les feuilletons français et américains, sur lesquels aucun colloque n’est prévenu. Ne nous laissons pas embarquer dans des guerres fratricides, par des gens venus de l’extérieur. La tolérance n’est ni plus ni moins que d’accorder à l’autre le droit et le privilège de jouir de la liberté, dont nous jouissons. Disons NON au prosélytisme chiite de tout état étranger. Mais accommodons-nous de tous ceux, parmi nous, qui l’auront choisi comme dogme. Il en va de la paix et de la stabilité du pays.

Mohamed Bajrafil  :
Chercheur associé au Laboratoire de Linguistique Formelle de Paris 7
et Imam-Khatwib aux Mosquées de Montreuil et d’Ivry/Seine
source : http://inoussa.centerblog.net/

En Islam, rien n’est plus grave que la désunion

Les religions se distinguent des autres doctrines, en ce qu’elles appellent, toutes, à l’unité et à l’union. Le coran en parle dans la sourate “Le pèlerinage” en ces termes : “A chaque communauté nous avons prescrit un rituel par lequel ils disent le nom de Dieu”. Le “ils” n’est pas, loin s’en faut, la somme de plusieurs individualités qui, dans leurs coins, accompliraient, chacune, la prescription divine. Il s’agit d’un “ils” renvoyant à un groupe agissant, pour Dieu, les uns à côté des autres.

 

L’islam, en dépit de la place primordiale qu’il accorde à la découverte de Dieu par l’individu, au sens latin du terme, individu venant de “indivis”, c’est-à-dire celui qui n’est ni partageable, ni duplicable, considère le groupe comme le lieu, par excellence, de l’adoration de Dieu.

 

La prière, par exemple, est la pierre angulaire de l’islam. Celle faite, en groupe, dépasse, cependant celle faite à l’écart. La notion de “groupe” dans cette religion ne se limite pas à l’accomplissement des rituels. Être en groupe signifie, dans la religion musulmane, prendre soin les uns des autres, s’aider les uns les autres. Et comme on ne peut pas s’aimer, s’aider et se soutenir sans se connaître, les rituels sont et doivent, pour la plupart, être publics et communautaires.

C’est dans cette optique que le prophète dit : “il n’est pas croyant celui qui ne

se préoccupe pas de la vie de ses coreligionnaires”. Le cas de Mayotte entre à fortiori dans cet esprit. Nombreux, et ce n’est un secret pour personne, sont ceux, parmi nos compatriotes comoriens, qui décèdent dans le bras de mer qui sépare la partie indépendante du pays de Mayotte. Négliger ce désastre, ne pas en dénoncer les responsables, c’est ne pas s’occuper de leur sort, c’est, d’après le dire du prophète ci-dessus, cesser de croire. Pour cela, nous devons nous battre, au moins, pour que vive leur mémoire. Au moins cela, chers compatriotes.

 

Par ailleurs, il est question de l’intérêt général de notre pays dans le litige politico-humain l’opposant à la France. Nous devons cesser nos querelles partisanes, laisser de côté nos susceptibilités et ensemble nous engager dans le combat pour la libération totale et définitive de notre patrie. Notre engagement doit se faire seulement dans l’union et l’unité. Rappelons nous l’histoire du prophète quand, en l’an six après l’hégire, il décide de se rendre à la Mecque, qu’il a été contraint de quitter. Au cours du voyage, lui et ses quatorze cent compagnons de l’époque font une halte à un oasis nommé “Houdaïbiyat”.

D’ici, il dépêche un émissaire à la Mecque pour avertir de son retour pacifique pour visiter la maison de Dieu. L’émissaire fut son gendre et ami ‘Outhmane ibn Aa’ffane.

 

Quelque temps après son départ, un bruit parvint aux oreilles du prophète, qui annonça l’assassinat probable de son émissaire par les Mecquois. Abasourdi par la barbarie dont ont fait preuve les Mecquois à l’endroit de son émissaire, il réunit ses quatorze cent compagnons, leur raconta le probable assassinat d’Outhmane et leur demanda de s’engager sur deux points. Le premier est de guerroyer jusqu’à la mort contre les Mecquois, en dépit du grand nombre de l’ennemi. Le second est de ne pas se diviser devant l’adversaire. Les mille quatre cent compagnons répondirent, les uns après les autres, à l’appel du prophète, en lui serrant, chacun, la main.

 

Il s’avéra plus tard que c’était faux, il n’avait pas été tué. Mais le geste, l’engagement n’était pas anodin. Au reste, Dieu en parle dans la sourate “Al fath” (“L’ouverture de la Mecque”) en ces termes : “Ceux qui te font allégeance le font, de fait, à Dieu. La puissance de Dieu les accompagne”. Cette allégeance, connue en histoire sous le nom de “l’allégeance de Ridwane”, nous, Comoriens, devons dans nos mouvements pour la libération de notre pays en tenir compte. D’une voix commune dénonçons l’occupation d’une partie de notre pays par une puissance étrangère.

 En Islam, rien n’est plus grave que la désunion dans I.i.En Islam, rien n’est plus grave que la désunion MSK

L’islam n’a pas de droit de deux poids et deux mesures. La justice pour les grands pays est la même que celle des tout petits ; celle des grands la même que celle des petits. C’est dans cet esprit là que le prophète dit un jour :

 

“Ce qui a perdu les communautés passées, c’est la justice partiale. Si Fatima, ma fille, venait à voler, je lui couperais la main, comme c’est prévu dans et par loi”. Le respect des frontières de tout pays est un des principes sui generis de la charte des nations unies.

Il n’appartient donc à aucun pays, aussi puissant qu’il soit, le droit de le violer. Fût-il la France. Dénonçons-la. Combattons-la par la non-violence qui est le vrai esprit des rapports des humains en islam. Notre force se loge dans l’unité : unité de notre pays, unité de nos concitoyens.

 

Mayotte n’est et ne doit pas être la cause de quelques illuminés épris de liberté et d’égalité. C’est une cause nationale, qui doit préoccuper tout Comorien digne de ce nom. N’oubliez pas, “rien, en islam, n’est plus grave, que de se désunir devant l’adversaire”. Surtout s’il est de la trempe et de la carrure de celui auquel nous sommes opposés.

 

Mohamed Bajrafil – Imam de la mosquée de Corbeilles – Essonne.

Biographie de Mohamed Bajrafil

Mouhammed Badjarafil Mouhammed Soighir Qasim !

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ASCENDANCE :

Né le 25/03/1978 à Moroni aux Comores, fils de Shaykh Mouhammad Soighir, un des illustres disciples de l’ancien grand Mufti des Comores, Sa’id Mouhammad ‘Abdourrahmane, auprès de qui Shaykh Mouhammad Soighir passe 21 ans dans l’apprentissage du Fiqh (droit et jurisprudence) Shafi’ite, les sciences de la purification des âmes, la poésie classique et d’autres disciplines de la Shari’a, comme l’exégèse, discipline dans laquelle le grand mufti était simplement un miracle, il fût initié naturellement dès son plus jeune aux sciences religieuses, par son père.

Ce dernier a été à plus d’une reprise couronné par la idjaza (autorisation d’enseigner le savoir reçu) du grand mufti, ce qui est la plus haute consécration qui soit dans le domaine des sciences religieuses ; et ce, dans de grands publics où il venait commencer un livre et appelait Shaykh Mouhammad Soighir pour le compléter en disant aux gens de ne plus venir le voir, mais d’aller vers Shaykh Mouhammad Soighir. Preuve de cette confiance, il lui ouvre officiellement son école, appelée « Al Madrasat as Salafiyat », où des différents horizons de la plus grande île des Comores plusieurs centaines, voire plusieurs milliers de personnes viendront suivre leur formation en théologie.

Le père de Mouhammed Badjarafil y enseigna pendant plus de quarante ans les sciences religieuses, en formant des juges (quoudat), des prédicateurs (dou’at)…

SA FORMATION RELIGIEUSE :

Dans la Madrasat as Salafiyat de son père, le jeune Badjarafil se trouve aux côtés de gens ayant deux, voire trois fois son âge. Il y lit les premiers moutouns dans la jurisprudence shafi’ite, comme le veut la méthode d’enseignement yéménite, dont l’enseignement comorien est incontestablement une prolongation, comme « Irshadou al ’Ibad » (communément appelé babou), la « ar Risalat al Jami’a » (petit condensé de certains passages d’Abou Hamid Al Ghazali dans les ‘ibadat (actes rituels d’adorations) et la ‘aqida (dogme), le « Dourarou al Bahiyyat », le « Mouqaddimatou al Hadhramiyat », le « Touriyaqou al nafiou », écrit par un des shouyoukhs des shouyoukhs de son père, al Habib Abou Bakr, grand-père d’al Habib Omar ibn Soumayt, illustre savant comoro-yéménite mort en soixante seize aux Comores et auteur de beaucoup de livres en théologie, et fils de son père al Habib ahmad ibn Abi Bakr, sans doute le plus grand théologien jamais né en Afrique de l’Est, (la bibliothèque de ses œuvres en fiqh, en poésie comme en ousoul et dans les autres disciplines flottera pour toujours sur les sciences religieuses dans le monde religieux yéménito-comorien), le « Hadiyyatou al Atfal », le « Safinatou al nadja » et le « Safinatou al salat », «al Ghayatu wa taqrib » d’Abi Choudjaa, le commentaire du ghaya, appelé Fathou alqarib almoudjib, du célèbre Ibnou alQasim Alghazzi, « Oumdattou al Salik » d’Ibnou al Naqib, « Bahdjatou al wasa-il », de Nawawi Adjawi, le « zoubd », d’Ibnou Rassalane. Etant donné le fait que plusieurs niveaux de livres étaient enseignés au même moment, il a pu suivre l’enseignement des plus grands livres de l’école shafi’ite, comme « Fathou al Mouin » d’Al Malibari, célèbre disciple d’Ibn Hadjar al Haythami, al Makki, le « Minhadj At Twalibin » d’An Nawawi et le commentaire du « Mouqaddimatou al Hadhramiyat » d’Ibnu Hadjar al Haythami. Comme il écoutera, chez lui, certaines parties du « Boulough al Maram », d’Ibnu Hadjar Al ’Asqalani.

En ‘aqida, il apprendra la dialectique et la rhétorique ash’arite à travers la « Sanousiyat », le « Djawharat at Tawhid » et une partie dans « Riyad al Badi’in », livre où se trouvent côte à côte Fiqh et ‘Aqida, ainsi que le « ‘Aqidatou al Imane », et son commentaire « Hadiyyatou al Ikhwane ».

Dans les disciplines liées à la purification des âmes et de la pédagogie scolastique, il apprend à l’école (madrasat) de son père le « Bidayatou al Hidaya » d’Abou Hamid Al Ghazali, l’essentiel de l’œuvre de l’illustre Imam Al Haddad, que certains savants azharites de son temps ont considéré comme le revificateur des sciences religieuses au douzième siècle après l’hégire, comme « Al Naswa’ihou al Diniyat », « al Da’awat al tammat », « Risalatou al Moua’awana » et « Risalatou al moudhakara», en commençant par l’incontournable « Ta’alim al mouta’alim toiriqa al ta’aalloum » d’az Zaroundji al Hanafi, et « risalatou l’adhkiya » d’Almalibari.

En poésie liturgique, il apprend, à la maison et à la madrasat de son père l’œuvre monumentale de l’illustre compagnon Ka’ab ibnou Zouhayr , « Banat Sou’and », « Madaridjou al ’Ounlat », d’un des shouyoukhs de son maître, dont il lit l’introduction et quelques parties, « Ta’iyatou al Soulouki ila Maliki al Moulouki », « Nafhatou al Wardat fi manhadji al bourda », du célèbre poète et grammairien comorien Bourhane Mkallé et le début de « Salatou al Moudhar ». Avec l’aide de son grand frère Ibrahim le jeune Mouhammed Badjarafil va apprendre par cœur la quasi-totalité des poèmes du recueil de l’Imam ash Shafi’i.

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Lorsque son chemin croise celui de son maître en Tadjweed (Shaykh Swalih Boina, diplômé de l’université de Médine), il apprend les règles de la lecture du Coran, selon la lecture de Hafs et les achève avant l’âge de dix ans. Là aussi son grand frère Ibrahim va jouer un rôle décisif, car il va faire apprendre par cœur à Mouhammed un « petit » manuel entier de sciences de lecture du coran (tadjweed) appelé « Al Zahrou al Moufid fi ‘ilmi al tadjweed ».

S’étant rendu compte très vite de son penchant pour la récitation des Abdelbasset et autres Moustwafa Isma’il, lecteurs du coran égyptiens de renom, il garde régulièrement le petit Badjarafil dans une chambre afin qu’il écoute en boucle une récitation du Coran, par ces grands lecteurs, comme qui il fallait qu’ il lise, par la suite, en imitant aussi bien leur mélodie que leurs pauses et autres prononciations. Bien que sa formation en tadjweed se soit achevée très tôt, son maître et ses paires n’hésitaient jamais à reprendre le jeune en public, lorsqu’il commettait une faute de tadjweed (sans doute, pour lui enseigner très tôt l’humilité du savoir).

A partir de 1988 les premières récitations coraniques du petit Mouhammed âgé de 10 ans seront diffusées à la radio nationale.

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A l’âge de onze ans, Ibrahim l’emmène au Shaykh Abou Bakr Ibn Abdillah, jamal allayl, dont il était déjà l’élève, afin qu’il apprenne les classiques de la grammaire arabe. Il y passe 7 ans, pendant lesquels il a appris et écouté, tous les matins, entre 3h et 4h du matin, les trois volumes de « Nahw Al Wadhih », « Qatrou al Nada » d’Ibnu Hisham et « Al Fiyatou » d’Ibn Malik, que lisait, auprès du Shaykh, Ibrahim et « Shoudhour al Dhahab » d’Ibnu Hisham aussi, que lisait un autre frère appelé Mouhammad Al Badadaoui, jeune azharite, actuellement en thèse de doctorat en lettres arabes, à l’université de Rabat (au Maroc) et déjà l’auteur de nombreux recueils de poèmes liturgiques.

Très jeune il a la chance, d’approcher le grand mufti dont il suit, de très loin, les cours d’exégèse, pendant le mois de ramadan, à la grande mosquée de Moroni, comme il suit à la radio, quasiment au même moment, ses cours sur les sagesses d’Ibn Ata’i llah as Sakandari.

Dans la même foulée, il va rencontrer et faire la connaissance, par son père, du président du conseil des ulémas des Comores Shaykh Mouhammad Sharif, dont Ibrahim était l’élève, et l’actuel mufti de la diaspora comorienne, Shaykh ‘Ali Mouhammad Qassim, auprès de qui il apprend de nouveau une partie de « Hadiyyatou al Ikhwane », à l’âge de neuf ans et d’autres savants.

SA JEUNESSE :

Bercé dans un environnement qui favorise son apprentissage du coran, ses parents diront qu’une des toutes premières phrases que l’enfant dira c’est la fin de sourate « al Isra » (le chapitre 17 du Coran). Considéré par les gens comme ayant une belle voix lorsqu’il psalmodie le Coran, le jeune Mouhammed Badjarafil commence dès l’âge de six ans une carrière de lecteur du Coran, dans les grandes cérémonies religieuses, et ce, jusqu’à maintenant.

 

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Il perd brusquement sa mère à l’âge de dix ans, et dit se refugier depuis dans la poésie et l’actualité politique internationale. Ses premiers poèmes datent du CM2 et sont bien conservés chez lui, dans sa maison familiale, sous les conseils et par le travail d’Ibrahim.Il crée avec un groupe d’amis, en 1996, une association nommée ACJP (Association Culturelle des Jeunes de Paréni) dont le but était et reste de lutter contre l’échec scolaire, par des cours de soutien gratuits du CP à la terminale, l’exclusion sociale, par l’intégration des personnes âgées, hommes et femmes, mais également les jeunes sans diplômes dans les activités sportives et culturelles de la ville, la propreté des rues du quartier, par la création d’un service de ramassage des ordures ménagères, via des brouettes assuré par tous les jeunes adhérents à l’association, la création d’un bulletin d’information, automatisé, baptisé M’tsamboudjou, et la sensibilisation des populations sur les dangers des maladies comme le paludisme, et comment s’en protéger, via des séminaires et des ateliers assurés par l’Organisation Mondiale de la Santé et d’autres institutions. Dès sa création, il en est resté le secrétaire général jusqu’à son deuxième anniversaire.

SES REFERENCES :

Il nourrira son discours par de grandes références comme le Shakh Ali Jumu’a (mufti d’Egypte), dont il se réclame de l’école, shaykh Safwat Hegazy (auprès de qui il apprend les sciences du hadith), Shaykh al Bouti, Shaykh al Qardawi (à travers leurs écrits et quelques rencontres, seulement avec le premier) et bien d’autres. Les conseils et les enseignements de son oncle Shaykh Sayid Fadl Ibn Abdillah (frère de Shaykh Abou Bakr) de qui il a la idjaza de la Twariqa Ba’alawiya de Hadhramout (au Yémen) illuminent, selon lui, ses nuits sombres. Qu’ils soient tous récompensés par le Très Clément.

 

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SA SITUATION FAMILIALE :

Marié à l’âge de 20 ans, après des années d’études, il dira que ses plus beaux diplômes sont ses 5 enfants :

  • Cheirhabyl (décédé, l’aîné de la fratrie)
  • Hounaïne (la seconde)
  • Chouraïk (le troisième)
  • Saël (le premier des jumeaux)
  • Souhaïl (le second).

ENGAGEMENT RELIGIEUX :

Installé à Combs-la ville (77) il commencera à interpeller des jeunes et à réveiller des cœurs et rapidement un cercle de plusieurs personnes va se créer afin de recevoir ses cours. Le nombre d’élèves ne cessera d’augmenter durant les premières années et Mouhammed fera parler de lui jusqu’à ce qu’on le désigne imam pour prononcer le sermon du Vendredi dans la grande mosquée de Corbeil Essonnes.

Après quelques années, il s’installera à Vigneux sur Seine, dans la grande mosquée de la ville, où il sera chargé de l’imamat pour la grande prière du Vendredi. Les prêches vont très rapidement amener l’imam à être invité dans les mosquées pour faire des conférences, des discours interreligieux et les célébrations de nombreux événements.

L’association de la mosquée d’Ivry sur Seine va rapidement proposer à Mouhammed Badjarafil d’officier le discours du Vendredi dans sa mosquée, l’imam alternera une semaine sur deux entre Vigneux et Ivry sur seine.

A Ivry sur seine il donnera des cours publics de « Purification des âmes », même scénario qu’a Combs la ville, un cercle d’élèves se créera et les cours de Fiqh Shafi’ite et en ‘Aqida débuteront en 2009.

La grande mosquée de Montreuil a vu le jour fin 2010 et les fidèles ont tenu à ce que ce soit Mouhammed qui prononce le discours du Vendredi, il alternera désormais entre Ivry et Montreuil.

 

INTERVENTIONS :

Les cours à la mosquée d’Ivry sur seine :

- Jeudi de 20 h à 22h : ‘Ulum al Hadith (Sciences du Hadith)

- Jeudi de 22h à 23h : Tazkiyat an Nufus (Purification des âmes)

- Vendredi de 20 h à 22h : Fiqh Shafi’ite

Les cours à la mosquée de Vigneux sur seine :

- Dimanche de 9h à 12 h : Fiqh

Les sermons du Vendredi : Une semaine à Ivry (masjid an Nour) de 13h à 13h45 et la semaine suivante à la mosquée de Montreuil (masjid al Oumma) de 14h a 14h45.

Le bouche à oreille fonctionne et les invitations se multiplient. Le jeune imam parcours mosquées, salles de conférence et centres islamiques. En l’espace de quelques années, il intervient à Meaux, Bordeaux, Vigneux sur seine, Combs-la-Ville, Sucy en Brie, Peau, Cergy Pontoise, Vitry sur seine, Saint Germain en Laye, Ivry sur seine, Yerres, Chevilly-Larue, Montreuil, Paris, Plaisir, Nanterre, Fresnes… et les sollicitations ne cessent de croître à un point tel qu’il décide de limiter les conférences pour s’investir davantage dans son projet professionnel et la recherche.

Biographie de Mohamed Bajrafil  vlcsnap2010090501h04m30s21 

Les premières vidéos de ses cours apparaitront sur Internet en Avril 2009 et susciteront un engouement chez bon nombre de personnes. Pour anecdote, en décembre 2010 une personne après avoir visionné plusieurs vidéos de Mouhammed Badjarafil décide de se rendre à un de ses cours pour lui poser des questions sur l’Islam.

Après une soirée de questions réponses et une conférence qu’il lui consacra sur « La quête de la Vérité » la personne s’est converti à l’Islam et est jusqu’à ce jour un de ses élèves.

LE BLOG DE MOUHAMMED BADJARAFIL :

En décembre 2009 le blog de l’imam est crée. L’objectif est de compiler toutes les vidéos de Mouhammed Badjarafil réunit par thème : Purifications des âmes, Exégèses (Tafasir), Droit et Jurisprudence (Fiqh), Divergences en Islam… On trouve également des articles écrits par l’imam et le programme de ses cours et conférences. Très vite le blog connait un succès, le nombre de visiteurs ne va cesser d’augmenter, des commentaires vont être laissés et des invitations à des conférences ne cessent de se multiplier.

En Octobre 2010 on compte 10 000 visiteurs, cinq mois plus tard on recense 30 000 visiteurs avec une moyenne de 100 visiteurs par jour.

LES VIDEOS :

On compte en moyenne une dizaine de vidéos de Mouhammed Badjarafil misent sur Internet chaque semaine.

En Mai 2010 on compte plus de 200 vidéos

En Décembre 2010 on compte plus de 400 vidéos

En Mars 2011 on compte plus de 600 vidéos

SON PROJET :

Un des Projets que Mouhammed aimerait réaliser serait d’ouvrir un centre islamique dispensant des cours enseignés de façon traditionnelle (en cercle autour de l’enseignant), cet institut ferait intervenir d’importantes autorités religieuses. Ce projet est en cours et sa réalisation va exiger beaucoup d’efforts mais elle promet d’être fructueuse, nous espérons qu’il voit le jour s’il plait à Dieu. 

EXEMPLARITE :

Il aura été question, dans cette biographie, de retranscrire la vie de Mouhammed Badjarafil à travers des dates, son parcours religieux, scolaire et professionnel mais également de mettre en évidence l’évolution de son cheminement et d’y apporter quelques anecdotes.

Cette initiative a été prise suite à une demande de nombreuses personnes désireuses de connaitre davantage sa vie. Nous espérons qu’à travers cette biographie les lectrices et lecteurs seront en mesure de comprendre que le chemin vers l’adoration de Dieu ne peut se faire sans sacrifice.

 

 rédigé en Juin 2011

Le mariage forcé, chez les jeunes françaises issues de l’immigration

 

Les violences dont sont victimes les femmes dépassent les frontières des religions, des nations et des traditions. Le mariage forcé – en ce qu’il enlève à la femme la liberté de se choisir qui elle veut – en fait incontestablement partie. Ceux et celles qui se battent pour l’acquisition de cette liberté – qui est des plus importantes – méritent le soutien et les encouragements de tout le monde. Il me semble en revanche important d’éviter, dans de telles initiatives, toute forme de caricature. S’il est vrai qu’ encore aujourd’hui des jeunes femmes françaises issues de l’immigration comorienne sont, passez-moi l’expression, vendues aux plus offrants, il faut éviter d’ériger en règle quelques cas isolés. 

 

 Les choses sont de manière notable en train de changer, chez les Français-comoriens ou Comoriens-français. Aussi faut-il, à mon avis, éviter tout amalgame. Je suis Comorien comme vous et, même si je ne suis spécialisé dans aucune science sociale, je puis vous garantir que les jeunes filles franco-comoriennes qui décident de faire le choix de l’homme de leurs vies ne sont, sauf cas à démontrer, jamais victimes d’agressions physiques. Il est vrai, cependant, que pendant un moment, les ponts sont coupés entre elles et leurs familles, si leurs hommes ne plaisent pas à leurs familles. Ceci est très important à savoir car là où le mariage forcé est érigé en règle, les violences physiques sur les jeunes filles entre guillemets rebelles sont plus que monnaie courante. 

 

Et pour finir, je voudrai rappeler que je ne connais pas – que nonobstant ce qu’on peut dire du système coutumier comorien – à cent pour cent matrilinéaire, il est, à mon avis celui qui assure le maximum de liberté à la femme, parmi les systèmes politiques et sociaux professés ici et là dans le monde. Au moment où la femme française, par exemple, se bat pour qu’à diplôme et expérience égaux, homme et femme aient la même rémunération, la femme comorienne hérite de tout, dans toute sorte d’héritage matériel et domanial et, autant qu’un homme sinon mieux, elle est rémunérée.

Mohamed Bajrafil

 



Pour une france unie

Des enfants sont morts, des hommes sont morts par la folie et la barbarie humaines. Des enfants, des hommes sont morts, victimes de la haine de l’autre, qui somnole en tout homme. Aux premiers on a arraché la vie et refusé l’innocence, aux seconds on a arraché la vie et des familles. C’est ce triste constat qu’un homme dont la barbarie des actes reste sans qualificatif nous force, aujourd’hui, à faire.

 

Mais au-delà de l’émotion, cette sauvagerie agressive et meurtrière doit nous rappeler un certain nombre de réalités sans la compréhension desquelles la vie humaine se déconstruit au lieu de se construire, s’affaiblit au lieu de se renforcer, se pervertit, au lieu de s’assainir. L’une d’elles est que l’autre n’est pas l’enfer, mais bien celui dont on a besoin pour avancer et même pour exister. Le riche a besoin du pauvre, ne serait-ce que pour qu’il s’en distingue. Sans lui, voyez-vous, le riche perd son titre. Il n’en va pas différemment des confessions, des idéologies et des couleurs des hommes. Si le juif n’existait pas , si le musulman n’existait pas , si le chrétien n’existait pas, si le blanc n’existait pas, si le noir n’existait pas, nul ne saurait qui il est car on a, chacun, besoin de l’autre pour se connaître. Force est, toutefois, de constater que cette réalité si élémentaire est piétinée, dans notre pays, par une frange non négligeable de nos concitoyens. Au point que certains responsables politiques jugent décent de jouer son jeu.

 

Comme si la shoah n’avait pas eu lieu, ici, chez nous, comme si les massacres de la Saint Barthélémy n’étaient que pure invention, s’appeler Ylan ou Mohamed reste un tort, que l’on peut payer de sa vie. L’intelligence de l’homme se voit dans sa capacité à tirer du passé les leçons nécessaires, pour éviter de tomber dans les mêmes écueils dans le futur. Les heures les plus sombres de la France resteront à jamais celles dans lesquelles l’on dénonçait son voisin parce qu’il avait un patronyme trop hébraïsant, afin qu’on l’envoie dans les camps de concentration. Est-ce intelligent de retomber dans ce climat de suspicion et de délation ? Ce qui a causé la perte de notre pays hier, ne fera pas sa fierté aujourd’hui..

 

Une autre réalité, non moins importante, est celle de la solidarité dans le bien, comme dans le mal. C’est à l’aune de la solidarité que l’on mesure l’unité, la vraie unité d’un pays. Le malheur qui arrive au juif comme au musulman, au chrétien, ou au sans confession, aujourd’hui, nous tous devons nous en sentir atteints. C’est au nom de cette solidarité, que j’en appellerai aux consciences de tous, pour que cessent les considérations raciales et religieuses lorsqu’un tel drame secoue une composante de notre famille nationale. Avant d’être des musulmans, les soldats froidement assassinés ces derniers jours sont des humains ; avant d’être des juifs les enfants et l’enseignant sauvagement massacrés hier à Toulouse sont des humains. Y a-t-il plus grande valeur ?

 

Je voudrais, enfin, rappeler à tous ici une autre réalité, sans doute la plus terrifiante de toutes. Il s’agit de dire qu’en chacun de nous demeure celui qui, pour une raison ou pour une autre, peut devenir l’assassin de l’autre. On s’imagine toujours le diable avec des cornes, mais on ne se dit guère que chacun peut en devenir l’incarnation, en une fraction de seconde. Nous devons apprendre à lutter constamment contre la tentation de haine, somme toute facile. Aimer l’autre est le crédo de toutes les religions. Mais, trop souvent, celles-ci en sont détournées pour servir la vile envie de dominer et d’exploiter l’autre, avant de lui refuser le droit à la vie.

 

Alors, que cesse la haine et que revivent la paix et l’amour entre nous, frères et sœurs de France.

Je vous remercie.  Mohamed Bajrafil

 

L’Islam dans son rapport aux autres religions monothéistes

QUELQUES MOTS  PRONONCES, PAR MOHAMED BAJRAFIL, UN DES IMAMS DE LA MOSQUÉE DE VIGNEUX,  A L’OCCASION DU THÉ DE L’AMITIE ORGANISE PAR L’ASSOCIATION CULTURELLE DES MUSULMANS DE VIGNEUX / SEINE LE 20/12/2009 ET AUQUEL ONT PRIS PART LES AUTORITÉS MUNICIPALES, NOMBRE DES HABITANTS DE VIGNEUX ET LES REPRÉSENTANTS DES COMMUNAUTÉS CHRÉTIENNE ET JUIVE DU DÉPARTEMENT DE L’ESSONNE.

 

Bismillahi arrahmani arrahim,

Louange à Dieu, seigneur et pourvoyeur des univers ;

Que la  paix et la bénédiction de Dieu accompagnent le prophète Mouhammad ;

Monsieur le Maire, Mesdames et messieurs les élus, Mesdames et Messieurs :

 Assalamou aalaïkoum wa rahmatou lwahi wa barakatouh.

L’islam, en dépit des explications biaisées qu’on lui colle, reconnaît à chacun la liberté de conscience et de croyance. Un verset du coran le martèle de la manière la plus claire qui soit : « Point de contrainte en religion ». C’est dans cet esprit qu’il accorde une importance sans égale à ceux qu’il appelle « les gens du livre », que sont les juifs et les chrétiens.

Est-il besoin de rappeler que le coran cite le nom de Moïse 136 fois ?  Si bien que certains savants musulmans ont dit que « peu s’en est-il fallu  pour que le coran soit le livre de Moïse et de sa communauté » ? Est-il besoin de rappeler que deux chapitres du coran, parmi les 113 qui le composent, portent le nom de la famille de Jésus ? Un des chapitres les plus longs du coran ne s’appelle-t-il pas la famille d’Imrane, son grand-père maternel ? Un autre, qui n’est pas des moins longs, ne porte-t-il pas le nom de la vierge Marie ?

Mesdames et Messieurs,

La religion musulmane considère l’humanité comme une seule et unique famille. Le coran dit : «  Ô vous les hommes,  nous vous avons créés en hommes et femmes,  puis en peuples et tribus afin que vous vous reconnaissiez ». Il dit encore : « Ô vous les hommes ! Craignez votre Dieu, qui vous a créés à partir d’une seule âme ».  Le prophète de l’islam dit : « Ô vous les hommes, votre Dieu est unique, votre père unique» (……)

Mais  s’il est vrai qu’il voit l’humanité comme une seule famille,  il n’est pas moins vrai que ses rapports avec le christianisme et le judaïsme ont toujours été particuliers, dans le sens noble du terme. L’islam se veut la continuation de ces deux grandes religions et non comme un début.  Dieu Dit dans le coran : « Nous vous avons prescrit dans et comme religion ce que nous avons prescrit à Noé, Moise et Jésus » (……)  Il ne peut pas être musulman celui qui ne croit pas à un seul des messagers de la bible. Il ne peut pas être musulman, non plus,  celui qui ne croit pas en Jésus. Faudrait-il porter à la connaissance de l’assistance que même la profession de foi de l’islam contient Jésus ? Beaucoup de musulmans ne le savent pas. Pourtant, le prophète de l’islam dit : « Quiconque croit en l’unicité de Dieu, en Mouhammad, comme Messager et en Jésus comme la parole de Dieu introduite en Marie, entrera au paradis, par la porte qu’il voudra ». (……)

Honorables invités,

Le temps qui m’est imparti ne me laisse aucunement la possibilité de parler de la spécificité des relations que l’islam nous a transmises et enseignées à l’endroit de nos frères juifs et chrétiens. Mais, qu’il me soit permis de vous donner quelques exemples concrets illustrant mon propos.

Quand le prophète de l’islam a reçu le message, un message dont il ne savait rien et dont il n’était pas encore conscient, c’est vers un chrétien qu’il s’est orienté, afin de le comprendre. C’est, en effet, auprès de Waraqat Ibn Nawfal, un sage chrétien, que sa femme,  Khadîdja, l’a conduit afin à la fois de trouver du réconfort et, surtout, de comprendre le sens de ce qu’il venait de commencer à vivre.

Son voyage nocturne s’est d’abord effectué vers Jérusalem. Ne voyez-vous pas là une démarche visant à inscrire définitivement l’islam dans la suite du christianisme et du judaïsme, dont Jérusalem est le berceau des prophètes ? Au reste, la tradition musulmane nous apprend que, pendant ce voyage, il serait descendu faire la prière à l’endroit où est né le christ.

En l’an cinq après la révélation de l’islam, les compagnons du prophète persécutés à la Mecque, à cause de leur monothéisme,  reçoivent de lui l’ordre de trouver refuge en Abyssinie, l’actuelle Ethiopie, chez le négus, dont il ne tarit pas d’éloges.  Négus le chrétien !

Quand le deuxième calife de l’islam,  Omar Ibn Alkhattwab,  arrive à Jérusalem, c’est avec son écharpe qu’il nettoie les saletés, dont était couvert le mur des lamentations. Visitant une des églises de Jérusalem, l’appel à la prière l’y a trouvé. Le prêtre de cette église lui proposa d’y accomplir sa prière, mais il refusa en lui disant : « Si j’y accomplis ma prière, les musulmans risquent de venir vous prendre votre église ».

L’islam reconnaît les mariages célébrés à l’Eglise et à la synagogue. Un couple chrétien ou juif qui se convertit à l’islam n’a, donc,  pas à recélébrer son mariage. Le casher et  le rite de sacrifice chrétien sont aussi reconnus par l’islam.

Par ailleurs, une tradition prophétique rapporte que quand le prophète a reçu, dans sa mosquée,  la délégation des chrétiens de Najrane, il les y a laissés faire leur prière.

Mesdames et Messieurs,

Que faut-il donc pour que l’on comprenne l’ouverture de l’islam à ses deux  grandes sœurs? L’islam est la somme de la rigueur juridique du judaïsme et la richesse spirituelle du christianisme. C’est, aussi,  pour cela qu’on l’appelle la religion du juste milieu.

Dans ce monde où le matérialisme est roi et la quête de l’identité de chacun semble vouloir se faire dans et à travers le rejet de l’autre, les religions doivent jouer le rôle qui est le leur, à savoir apprendre à l’homme à voir en l’autre son semblable, pas son ennemi. C’est dans cet esprit que l’islam nous apprend que : « Si les hommes se donnaient les raisons de l’amour, ils se passeraient de justice ».

Wassalamou aalaïkoum wa rahmatou lwahi wa barakatouh

(dit autrement : « Que la paix et la bénédiction de Dieu soient sur vous »).

Articles

Vous retrouvez dans cette rubrique les différents articles écrits par Mohamed Bajrafil

Des larmes et des souffrances

Au nom du Très Miséricordieux. 

 

Par-delà l’émotion que ce rappel peut faire naître en tout individu « pourvu d’une bonne audition et saint d’esprit », deux références me sont venues à l’esprit à sa lecture.

La première, et surtout la plus importante, est celle du prophète, paix et bénédiction sur lui. Il nous est rapporté qu’une fois en compagnie de ses compagnons, le prophète dut les arrêter de vilipender une personne en état d’ébriété totale et lui jeter l’anathème.

Il leur expliqua qu’en lui jetant l’anathème, ils demandaient, implicitement, à Dieu de la garder dans cette perdition. Plutôt que de prier pour qu’il la mette sur le droit chemin. Ce propos du messager rappelle à ceux, parmi les frères musulmans, qui jouent « aux apprentis sorciers » par des excommuniations abusives, que pêcher, c’est le propre de l’humain ; que les excommuniations auxquelles ils se livrent ne servent qu’à satisfaire leurs égos orgueilleux.

Est-il utile de rappeler que « le pardon est accepté tant que l’âme n’a pas atteint la gorge » ? (propos du prophète) Condamner et juger sont les actes les plus faciles, parce qu’appartenant essentiellement à la langue. Nul, parmi les humains, ne sait quand ni comment finiront ses jours. Bien commencer et mal finir est tout aussi récurrent que l’inverse. Bien des hadiths du messager soulignent le sens de cette phrase. Soyons donc tolérents entre nous et évitons la condamnation et le jugement, car c’est par le jugement que Ibliss en est venu à s’insubordonner au Tout- Puissant. 

La seconde référence est celle de Mouhammed Ibnou Idris al-chafi’i. Il dit, dans les derniers vers d’un poème dont la dernière consonne est « d »,ces paroles ailées : « Ne désespère jamais de la Bienfaisance divine ; de foetus il te transforma en enfant. S’il voulait faire de toi un combustible éternel de la géhenne, il ne t’aurait pas fait don de la chahada ».

 

Mohamed Bajrafil

 

 


 



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